10 · Ivresse · Tension · Vertige · Nuits Sonores - l'after
Les nuits sonores
« J'ai attendu toute la nuit pour ça »
La bande-son de cet instant
La foule pulse, les corps vibrent sous les lumières stroboscopiques
Au milieu de cette nuit électrique, je te retrouve
Pas vraiment par hasard
On s’était croisés, une fois, ou deux
Juste assez pour savoir qu’on se plaisait
Pas assez pour savoir où ça pouvait mener
Tu t’approches en dansant, sourire en coin
Ton regard accroche le mien
Tu ne dis rien, mais tu restes près
Je te tends une bouteille
Nos doigts se frôlent
L’alcool n’y est pour rien dans ce frisson
La musique est forte, mais entre nous, c’est plus fort encore
On danse, sans vraiment se toucher
Puis, tu te glisses derrière moi
Tes mains se posent à ma taille
Ton souffle dans mon cou
Je ferme les yeux une seconde
Ton corps suit le mien, sans effort
En rythme
Instinctivement
Plus tard, bien plus tard
Le son s’efface
On quitte la foule
Quelques amis nous suivent, puis s’éparpillent
Il ne reste que toi et moi
L’after commence dans un petit appartement
La terrasse est démesurée
Un canapé, des lumières douces, un fond musical
Et ce silence tendu entre nous deux
Tu t’assois, jambes croisées
Je m’installe à côté
Pas trop près
Juste assez pour sentir la chaleur de ton corps
Tu me fixes
Tu joues avec un fil de ton vêtement
Je tends la main pour attraper une bière
Tu saisis mon poignet au passage
Et tu le gardes
Ton regard ne lâche pas le mien
Tu murmures
« Tu sais depuis quand j’en ai envie ? »
Je penche la tête
Tu continues
« Depuis la première fois où tu m’as regardée comme ça »
Je me rapproche
Ton genou contre le mien
Ta main se glisse dans ma nuque
Je sens ton parfum
Léger
Troublant
Je t’embrasse
Lentement
Comme pour vérifier que tu es bien là, maintenant
Tu replies tes jambes sur le canapé, m’invites à venir contre toi
Tout est lent
Mesuré
Mais brûlant
Comme si on savait que ce moment n’était qu’un début
Tu me chuchotes à l’oreille
« J’espère que t’es pas pressé de dormir.. »
Je souris
Et je réponds
« J’ai attendu toute la nuit pour ça »