09 · Complicité · Nostalgie · Tendresse · Une fête médiévale - le vieux moulin
La fête médiévale
« Tu poses trop de questions.. »
La bande-son de cet instant
De beaux spectacles, des oiseaux, des rires dans la foule
Et puis, au détour d’un regard.. toi
À quelques mètres à peine
Une inconnue venue avec ses amies
Nos regards s’accrochent, hésitent, reviennent
On se retrouve à descendre côte à côte les marches de la scène
À chaque pas, un frôlement
À chaque frôlement, un frisson
Comme si nos corps s’étaient déjà choisis sans qu’on le sache
Tu souris
Mi-surprise, mi-joueuse
Tu te laisses guider vers la taverne
Autour, l’effervescence continue.. mais moi, je ne vois plus que toi
« T’es plus bière blanche ou bière verte ? »
Tu réponds « Verte » avec ce sourire qui allume quelque chose
Et la conversation naît, fluide, évidente
Nos pas s’accordent sans y penser
Nos silences aussi
On traverse la forêt enchantée, pleine de vie
Je te propose de visiter le vieux moulin
Tu hoches la tête, puis, dans un souffle :
« Du moment qu’on est tous les deux.. tout me va »
Alors, tout ralentit
La foule disparaît
Le bruit s’efface
Il ne reste que nous
Plongés dans le regard de l’autre
Il ne reste que toi, moi
Et cette tension douce
Ce quelque chose qui s’écrit déjà
Et c’est à ce moment-là qu’un chevalier surgit
Armure brillante, épée à la ceinture, visage caché
Il crie pour la foule
Son apparition nous fait sursauter
Instinctivement, tu te colles à moi
Je te prends dans mes bras, comme pour te protéger
On continue notre chemin jusqu’au moulin
Tu t’assieds sur une vieille pierre, un rayon de soleil t’effleure la joue
Je m’installe à côté de toi
Juste assez pour sentir la chaleur de ta peau
Troublé par ton parfum mêlé à l’odeur brut du vieux bois
Tu souris encore mais ton regard est devenu plus profond, presque sérieux
On se tait
Puis, d’un mouvement simple, presque imperceptible, tu poses ta main sur mon genou
Pas un geste appuyé
Pas un geste innocent non plus
Je tourne légèrement la tête vers toi
Nos visages sont proches
Une bulle se crée
Tu ne bouges pas
Alors je murmure, tout bas :
« Si je t’embrasse maintenant.. tu m’arrêtes ? »
Tu ne réponds pas tout de suite
Tu te contentes d’approcher, encore un peu, très lentement
Ton front touche le mien
Et dans un souffle, à peine audible :
« Tu poses trop de questions.. »
Depuis ce soir là, je n’ai plus jamais vu mon anniversaire de la même façon