20 · Silence · Tension · Transgression · Une visite immobilière - chez moi
La visite
« Une simple visite qui devient le théâtre d'un nouveau désir »
La bande-son de cet instant
Quelqu’un sonne au portail
Je sors rapidement, tu es à l’heure
C’est censé n’être qu’une visite, un rendez-vous pour préparer la vente
Tu te présentes avec ton sourire professionnel
Agente immobilière
Tailleur ajusté, parfum charmeur, voix douce
Tu me tends la main, un geste banal mais un premier contact
Le temps d’un instant, j’oublie pourquoi tu es là
Tu me rappelles à l’ordre « on commence ? »
Comme le mauvais temps arrive, on débute par le jardin
Tu enchaines tes questions, mécaniques.. mais ta voix me trouble
On entre enfin dans la maison
Pièce après pièce, tes talons claquent sur le parquet
Tu parles d’exposition sud, de luminosité, de verrière
Moi, je n’entends que ton souffle, ta respiration
La tension monte de mon côté, difficile à cacher
Dans le salon, tu t’approches pour me montrer un détail
Nos mains se croisent quand tu passes à côté
Un effleurement volontaire ? Peut-être que je l’imagine
Tu continues à parler mais ma concentration s’efface
Tu m’invites à te suivre à l’étage, chez moi
La mezzanine, ma chambre, la salle d’eau
Tu commentes la surface, la lumière
Moi, je ne vois que ta main sur la rampe
Ton parfum m’enivre
Je sens mon cœur battre dans mes tempes
Dans la pièce suivante, tu fais demi-tour
Tes cheveux glissent sur ton épaule
Tes yeux accrochent les miens
Le silence tombe
Long, électrique
Tu fais tomber ton dossier à mes pieds
Tu rougis, gênée
On se baisse tous les 2 pour le ramasser
Nos regards restent suspendus pendant que l’on se relève
Je fais un pas, tu ne bouges pas
Je te tends ton dossier
Ta main effleure la mienne
Tes doigts frôlent les miens
Ton souffle change, plus court, plus chaud
Je me rapproche encore
À quelques centimètres
Je sens ta respiration sur ma peau
Ton parfum se mêle à l’air humide de la salle d’eau
Une tension douce, impossible à ignorer
L’orage gronde, un éclair qui nous fait sursauter
Nos regards se lâchent
Nos mains, non
On sait que c’est imprudent
Mais on ne recule pas
Alors, très lentement, je me penche
Tes lèvres hésitent
Et ce baiser qu’on n’aurait pas dû se donne quand même
Lent, retenu, brûlant
Tu fermes les yeux
Tes doigts accrochent ma chemise
Je sens ton corps qui s’avance
Cette simple visite professionnelle.. devient le théâtre d’un nouveau désir