13 · Manque · Nostalgie · Tendresse · À bord d'un paquebot - une cabine
La croisière
« Pas la traversée de l'océan, mais celle de nos corps »
La bande-son de cet instant
Le ciel s’assombrit doucement au-dessus du pont.
La mer, calme, reflète les lumières du bateau comme autant de promesses.
Autour de la table de jeu, les voix se mêlent, les verres trinquent.
Et moi, j’attends
Sans trop savoir quoi
Jusqu’à ce que tu t’installes.
Tu arrives d’un pas tranquille, presque félin
Une chaise nous sépare
Tu glisses un bonsoir, plutôt chaleureux
Le jeu commence, des cartes, des sourires, des plaisanteries
Mais c’est une autre partie qui s’ouvre
On rit, on s’observe
Les cartes passent mais ton regard reste
Un frisson me parcourt à ton : « J’ai vraiment de la chance ce soir »
Est-ce le crémant, le vent salé ou ton souffle au creux de moi ?
Les autres n’existent plus
Tu gagnes au blackjack, moi je perds un peu pied
Les regards complices de la table nous accompagnent jusqu’à la sortie
On marche dans le couloir, encore légers, presque ailleurs
Une plaisanterie fuse
Tu saisis doucement mon poignet, juste assez pour me retenir
Le couloir est vide ou presque
Une silhouette passe derrière nous
Un soupçon de clandestinité dans notre silence
Et ce baiser qui arrive, comme une vague, douce et irrésistible
Les pas s’accélèrent sans courir
On cherche, on glisse, on entre dans la première cabine ouverte
La porte se referme lentement, sans un bruit
Le cœur qui cogne, les respirations retenues
La tension flotte, électrique
Et dans cette bulle, loin de l’agitation
Commence une traversée
Pas celle de l’océan
Mais celle de nos corps
De soupirs en caresses, de regards en silences
Le voyage est intime, brûlant
Et, dans cette chambre bercée par la mer, notre premier instant brûlant