07 · Complicité · Manque · Tension · Une péniche sur la Saône
Le Berzingue
« Cette envie qu'on retient depuis longtemps.. trop longtemps »
La bande-son de cet instant
Premier rdv depuis nos derniers date
On se retrouve un peu timide pour un verre sur une péniche
Je te vois arriver de loin, posé avec un livre en terrasse
Tu souris en me voyant
Je m’approche doucement, un peu nerveux, mais ton regard me rassure
On commande une bière
Le soleil décline doucement sur la Saône, et l’air sent le début de l’été
Quelques rires, quelques silences aussi
Tu fais glisser doucement ton doigt le long de ton verre, sans rien dire
Ton regard accroche le mien
Sans un mot, tu me prends la main et m’entraînes à l’intérieur, vers l’escalier de métal qui descend dans le ventre du bateau
Là, entre les fûts de bières et les câbles suspendus, la lumière est tamisée, presque dorée
On n’entend plus vraiment la ville
Seulement les clapotis contre la coque et nos respirations qui s’alourdissent
Tu t’arrêtes
Je suis juste derrière toi
Tu tournes légèrement la tête, et ton dos se colle contre mon torse
Tes mains cherchent les miennes
Et quand je pose mes lèvres contre ta nuque, je sens que toi aussi, tu attendais ce moment
Tu frémis. Ton dos se cambre à peine, juste ce qu’il faut pour que nos corps se reconnaissent
Le métal du sol vibre sous nos pas hésitants
Je te fais pivoter doucement, ton visage tout près du mien
Nos regards se croisent, lentement
Tu poses une main sur ma joue, puis tu viens chercher ma bouche comme une évidence
Le baiser est tendre d’abord, presque timide, puis plus affirmé
Tu mords à peine ma lèvre, un sourire au coin des yeux
Autour de nous, les fûts de bière deviennent témoins silencieux
L’atmosphère est moite, le bois sent le houblon et la chaleur
Je déboutonne ta chemise lentement, comme si chaque geste comptait
Toi, tu me regardes faire, les paupières mi-closes, les lèvres entrouvertes
Et puis, tout devient plus flou, plus urgent
Ta jambe s’enroule autour de la mienne, ton souffle s'accélère, ton dos se colle à la paroi fraîche
Je sens vibrer la péniche avec nos mouvements
L’eau clapote dehors, mais ici, plus rien n’existe
Juste ta peau. Ma bouche. Ton souffle qui s’accroche au mien
Et cette envie qu’on retient depuis longtemps.. trop longtemps