06 · Complicité · Nostalgie · Tendresse · Au sommet de la Roche d'Ajoux
La Roche d’Ajoux
« Ton baiser a le goût du soleil et de l'altitude »
La bande-son de cet instant
Début d’aprem, tu me rejoins chez moi, sac à dos prêt on part tous les deux pour une rando
Nos pas s’accordent sans qu’on y pense
Le silence entre nous est doux, complice
Parfois, je tourne la tête vers toi et je te vois sourire, les cheveux un peu fous sous le vent
On grimpe tranquillement, sans se presser
La lumière perce entre les arbres, découpe ton visage d’ombres dorées
Tu me racontes une anecdote, je ris, tu me pousses un peu de l’épaule
Je te rends le geste et on finit presque main dans la main, sans vraiment s’en rendre compte
Plus haut, le sentier se fait rocailleux. On se hisse, on s’entraide
Ton bras frôle le mien, ton souffle saccade un peu
Quand on arrive au sommet, le paysage s’ouvre à nous, grandiose, silencieux
On pose les sacs
On s’assoit côte à côte sur la roche chaude
Ton genou touche le mien. Je ne bouge pas
Le vent soulève ton tee-shirt, je vois un bout de ta peau, là, juste au creux des hanches
Tu me lances un regard, à la fois amusé et chargé
Je tends la main, lentement. Tu ne bouges pas
Mes doigts glissent contre ton flanc, comme pour vérifier que tu es bien là, maintenant, ici, avec moi
Tu te tournes vers moi. Nos visages si proches
Ton regard cherche le mien, puis ma bouche
Et là, au sommet de la Roche d’Ajoux, dans ce moment suspendu, tu viens m’embrasser
Longtemps
Ici, tous les deux, à la vue de tous sans personne pour nous voir
Ton baiser a le goût du soleil et de l’altitude
De ceux qu’on n’oublie pas, parce qu’ils arrivent quand le monde s’arrête
Quand on se détache du temps, des voix, des contraintes
Je glisse ma main derrière ta nuque, doucement, pour te retenir encore un peu
Ta peau est tiède sous mes doigts
Tes lèvres s’ouvrent à peine, hésitent, puis reviennent chercher les miennes
Plus profond. Plus vrai
Autour de nous, le vent joue dans les feuilles
Le silence s’installe, mais il n’est plus le même
Il est chargé, dense, vibrant
Je recule légèrement pour te regarder
Tu as ce sourire mi-malicieux, mi-sérieux, celui qui me trouble toujours
Je me lève et te tends la main
Tu la prends sans un mot
On marche quelques mètres, juste assez pour s’éloigner du sommet
Un repli discret dans la roche, abrité
Là, on déplie nos vestes pour s’asseoir à nouveau, plus proches encore
Tu t’adosses contre moi
Je passe mes bras autour de toi, t’enlace comme si c’était une évidence
Ton dos contre mon torse, ta tête dans le creux de mon épaule
Je murmure à ton oreille : « Tu savais que ça finirait comme ça, hein ? »
Tu ris, doucement
Et tu réponds : « J’espérais »