37 · Manque · Nostalgie · Tendresse · Valence
La Saint-Valentin
« Je crois que je la choisirai encore »
La bande-son de cet instant
Je passe la chercher à la fin de son service
Les cheveux attachés à la va vite
Quelques mèches qui tombent sur son visage
Elle monte dans la voiture
Un peu stressée
Je le sens
Je crois qu’elle a peur que ça ne me plaise pas
Moi j’ai peur que ça me plaise trop
Je la regarde du coin de l’œil
Et je me dis que peu importe la destination
C’est avec elle que je veux y aller
Valence nous accueille sans bruit
On récupère les clés
On monte les escaliers
Sous les toits
L’appartement est spacieux.. lumineux.. intime
Presque hors du temps
Elle me regarde
Comme si elle attendait un verdict
Je m’approche
Je ne parle pas
Je laisse le silence faire
Ma main glisse vers sa taille
Je sens son souffle se suspendre
Je l’embrasse
On ressort marcher
Main dans la main
La sienne est glacée
La mienne brûlante
Un équilibre étrange
On s’installe au bar de la Placette
Premier verre
On recommence à se séduire
Comme si c’était le premier soir
Comme si on ne s’était jamais déjà dévorés
Elle rit
Mais je vois dans ses yeux que mon regard l’intimide encore
Ça me plaît.. et ça la trouble
On rentre se changer
Elle ouvre sa valise
Plusieurs tenues
Plusieurs versions d’elle
Plusieurs façons d’être aimée
Quand elle ressort
Le temps ralentit
Elle cherche mon approbation
Je lui offre un silence
Puis un regard qui en dit plus que des mots
On part dîner au restaurant le Louvre
Elle avait tout prévu
Même un menu adapté pour moi
Ce détail me touche plus qu’elle ne l’imagine
Le repas avance
Les discussions deviennent plus profondes.. plus vraies
Elle enlève sa chemise
Elle dit qu’elle a chaud
Je crois que ce n’est pas seulement les bougies
Elle me parle de ses doutes.. de ses peurs
De ce qu’elle ne comprend pas toujours chez moi
Je me livre aussi.. un peu.. beaucoup
À la fin
Le serveur nous demande de patienter pour les desserts
Je réponds que le seul que je veux est en face de moi
Puis son rire.. gêné.. heureux
Touchée, ses joues rosissent
On se dirige au Tokay
Deux cocktails sur mesure
Elle essaie d’activer ce fameux jouet à distance
Un regard complice
Un frisson attendu
Mais ça ne fonctionne pas
Ou peut-être un peu trop bien
On en rigole
Mais sous le rire.. la tension est là
On rentre
Elle file sous la douche
Je sors la bouteille de Saint Amour
Deux verres
Face à face
On parle jusqu’à 3h
D’elle
De moi
De ce nous fragile
Il y a ses questions
Il y a les miennes
Il y a cette sensation qu’on s’apprécie
Surement plus que ce que l’on laisse paraitre
La bouteille se vide
Nos voix se font plus basses
Les barrières aussi
L’appel du lit
Un besoin de contact
Plus fort que prévu
Je la vois se déshabiller
Elle me regarde
Je la rejoins
Sa robe glisse lentement
Presque toute seule
Comme si la discussion l’avait déshabillée avant moi
Elle finit nue
Ses yeux attentifs
Me dévisagent
Je prends le temps
Comme si je voulais imprimer chaque détail
Sa peau
Son souffle
La façon dont elle s’abandonne
Libre
Elle se colle à moi
Comme si elle avait peur que je disparaisse
Et moi
Je la serre un peu plus fort
On se découvre
On se cherche
Avec une seule envie
Recommencer
Au petit matin
Je la regarde dormir
Ses traits sont apaisés
Et je me surprends à imaginer que ce ne soit pas exceptionnel
Juste normal
Cette nuit là
Sous les toits de Valence
Entre le Louvre et le Tokay
Entre le Saint Amour et nos doutes
Je crois que je la choisirai encore