03 · Silence · Tension · Vertige · Les Gratte-Ciel - 9ème étage
9ème étage
« Alors.. montre-moi. »
La bande-son de cet instant
On marche, côte à côte, dans les ruelles presque vides
On parle, on rigole, mais nos regards, eux, en disent long
Nos pas sont synchrones.. nos rires, complices
Chaque détour nous rapproche.. d’un endroit qu’elle ne connaît pas encore
Et que je brûle de lui faire découvrir. Elle ne se doute de rien
Je l’observe du coin de l’œil, son profil éclairé par les réverbères, cette façon qu’elle a de se recoiffer machinalement
J’aimerais que ce moment s’étire, s’étire
Mais on y est presque
On arrive devant une grande porte noire
Je sonne
Elle s’apprête à attendre, mais je me glisse devant elle, sans prévenir
Je lui prends doucement la main
Je murmure, tout près de son oreille : « T’es prête ? »
Elle fronce légèrement les sourcils.. un mélange d’étonnement et d’envie
La porte s’ouvre. Puis une autre
Je l’entraîne dans un couloir aux lumières tamisées
Personne.. juste elle et moi
Je presse le bouton de l’ascenseur
Le silence s’installe
Je la regarde fixement
Elle soutient mon regard.. un peu trop longtemps
La tension s’installe, invisible mais puissante
Nos visages se rapprochent
Un souffle..
Un battement de cœur..
Je sens son parfum se mêler à l’air tiède..
Elle tremble à peine..
Mais je ne l’embrasse pas.. pas encore..
Le désir doit d’abord s’imprimer dans le silence..
Ding.
Les portes s’ouvrent.
Je la laisse entrer, sans dire un mot.
Je la suis, lentement..
Elle me regarde.. un peu perdue.. un peu curieuse
Je sélectionne le 9ème étage
La cabine se referme
Elle tourne la tête, comme pour me parler
Mais je suis déjà là
Tout près
Je laisse mes doigts effleurer son poignet
Elle ne dit rien.. elle attend
Elle sent que quelque chose se prépare.
Alors je m’approche encore.
Je murmure : « On va être en retard.. »
Elle sourit, presque malgré elle
L’ascenseur monte
L’air devient dense
Ma main remonte lentement le long de son bras
Ses yeux se ferment une seconde
Elle ne résiste pas
Elle n’a pas envie de résister
Elle ouvre les yeux, et dans un souffle presque imperceptible, me répond : « Alors.. montre-moi. »