30 · Nostalgie · Tendresse · Vertige · Matala, Crète
Les grottes de Matala
« Il ne reste que nous »
La bande-son de cet instant
Le soleil tombe lentement sur Matala
La mer se teinte d’orangé.. on marche côte à côte dans ce village qui respire encore la liberté des années passées
Tu me parles des hippies.. de leurs nuits dans les grottes.. de leurs histoires gravées dans la pierre
J’écoute ta voix.. mais je ne regarde que ta bouche
On grimpe doucement vers les cavités, à l’écart des touristes
Tes cheveux bougent au souffle du vent
Ton dos se découpe dans la lumière dorée
Je te suis sans parler.. chaque pas nous isole un peu plus
On atteint une grotte ouverte sur la mer
L’écho amplifie nos souffles
Tu te retournes.. un sourire.. ce mélange d’envie et d’hésitation qui me fait perdre l’équilibre
Tu t’installes sur une pierre lisse.. jambes légèrement ouvertes
Comme si tu m’invitais sans le dire
Je m’avance
Lentement
Je sens la chaleur de ton corps malgré la fraîcheur de la roche
Je pose ma main à côté de ta cuisse.. tu ne bouges pas
Tes yeux plongent dans les miens.. et ce silence devient brûlant
Le bruit des vagues s’écrase contre la falaise
Ton souffle glisse contre mon cou quand je me penche
Je te frôle à peine
Ta peau réagit.. un frisson court sous mes doigts
Tu inspires plus vite.. tu te penches un peu vers moi
Alors je t’embrasse avec tendresse en passant ma main dans ton cou
Juste assez pour que tu comprennes que je te veux ici.. maintenant.. dans cette grotte où tant d’autres ont laissé
leurs secrets
Tu glisses tes mains dans mon t-shirt
Tu me rapproches
Ton bassin cherche le mien
La mer gronde derrière nous
Nos corps aussi
Je te murmure à l’oreille
« On devrait peut-être redescendre »
Tu souris sans ouvrir les yeux
Et dans un souffle.. presque un ordre
« Pas encore »
Alors Matala disparaît
Les grottes.. les hippies.. le monde
Il ne reste que nous
Et ce moment suspendu.. écrit dans la pierre chaude de la Crète