25 · Complicité · Manque · Silence · Un bistrot de campagne
Le cadeau
« Un jeu silencieux, imperceptible pour les autres »
La bande-son de cet instant
Je la récupère à la gare, sourire complice, gestes familiers
L’air est frais mais son parfum réchauffe tout
On parle peu, juste ce qu’il faut
Ses yeux brillent déjà de cette impatience qu’elle cache mal
Quelques minutes de route, la campagne s’étire doucement
Je me gare devant le bistrot
Lumières douces, le murmure des conversations qui se mêle au cliquetis des verres
Un endroit parfait pour se perdre à deux sans avoir l’air de se cacher
Avant de sortir de la voiture, je lui tends un petit paquet
« Mets-le dans ton sac »
Rien de plus
Elle me regarde, mi-surprise, mi-joueuse
Un sourire qui en dit déjà long
À table, nos pieds se touchent
Ses doigts glissent lentement autour de son verre, traçant le bord sans y penser
Je fais mine de regarder la carte mais c’est elle que je lis
Chaque geste, chaque silence
Elle commande un cocktail, moi aussi
On rit doucement mais la tension s’invite, s’installe
Les minutes passent, le cocktail aide à délier nos mots
Je sens son regard s’attarder, comme un aveu silencieux
Puis elle se lève, direction les toilettes
Je me penche, tout près :
« Emmène ton sac.. si tu veux »
Elle hésite un instant, puis le prend sans rien dire
Ce sourire.. celui qui promet plus qu’il ne dit
Dix minutes plus tard
Elle revient
Son pas est le même mais ses yeux ont changé
Une lueur nouvelle, presque électrique
Elle s’assoit, effleure sa cuisse d’un geste discret
Je sais
Je sors mon téléphone, un geste anodin pour qui ne regarde pas de trop près
Une vibration.. à peine perceptible
Ses lèvres se pincent, ses yeux se ferment une demi-seconde
Le frisson la traverse, imperceptible pour les autres
Mais pas pour moi
Le temps s’étire
Le brouhaha du bistrot s’efface
Nos regards se croisent, se retiennent, s’apprivoisent
On commande un dernier verre, juste pour jouer un peu plus
Le jeu continue, silencieux
Quand on se lève enfin, dehors la nuit a déjà gagné
Nos doigts se frôlent à nouveau
Et sans rien dire, on sait
Que ce n’était que le début